Association Pachamama

Notre objectif est de promouvoir l'agroecologie en terre hispanophone.

vendredi 20 janvier 2006

La mer de plastique, consèquence de l'ignorance du consommateur

tomate_by_emile_feloreau

Le bilan écologique de nos tristes tomates d'hiver pèse très lourd sur notre planéte

(Photo d'Emile Feloreau)

Les tâches de plastiques ont transformé la cote d'Almeria, autrefois délaissé en un eldorado qui produit 3 millions de tonnes de légumes par an dans la plus grande concentration de serres au monde
    Le phénomène est relativement récent : il y a encore quelques décennies, cette région, une des plus sèche d’Espagne et d’Europe (il y pleut aussi peu qu’au Sahel), était quasiment inhabité et à peine parcourue par quelques troupeaux de moutons qui devaient se contenter d’une maigre végétation steppique.
    C’est l’exploitation intensive par la cultures sous serres (les invernaderos) qui a tout changé, produisant, deux fois par ans, tomates, aubergines et poivrons à profusion et….à contre saison. 30.000 hectares de pieds de tomates  sont "cultivés" par une main d'oeuvre immigré exploité.
Les exploitants andalous inondent le marché européen de leur production (20% des légumes verts consommés en Europe viennent d’Andalousie) et prennent part à un enrichissement sans précédent de la région.
Dans ce Far West espagnol, sujet à de véritables opérations de colonisation des terrassement sont actuellement creusé dans les montagnes afin d’accueillir de nouvelles serres


Malaga_Almeria

De almeria à Malaga la côte se resume à une envahissante mer de plastique. A 260 km d'altitude on voit très une grosse tache blanche: El ejido !

el_ejido04

El ejido, 24 km d'altitude. Ces "cultures" sont responsables du pillage des ressources naturelles (eau) et de l'exploitation de l'humain...

el_ejido02

Le champs de serre vue de 3 000 mètres.

A lire pour aller plus loin

Le Forum Civique Européen : Espagne : El Ejido, rien n’a changé : lien vers le Syndicat des Ouvriers Agricoles (SOC)

        http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=3920
        http://radio.zinzine.free.fr/action.html

Le monde diplomatique : En Espagne, un apartheid sous plastique


        http://www.monde-diplomatique.fr/2000/03/LLUCH/13412


L’humanité : La misère des clandestins

En Andalousie, les travailleurs immigrés, non encore régularisés, vivent cachés au milieu des plantations dans un extrême dénuement.

       http://www.humanite.presse.fr/popup_print.php3?id_article=634763

Posté par pachamama à 18:01 - 6. Reportage de Sam: Nos tristes tomates d hiver - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

A quand la consommaction ?

Au cours d'un voyage à vélo au sein du réseau Wwoof (travail volontaire sur les fermes bio). Quel choc de voir l'exploitation intensive de ces terres déjà si fragiles, quelle production déraisonnée... La pollution écologique (eau, terre, pesticides) et sociale (exploitation de la main d'oeuvre, xénophobie...) dans tous ses aspects dégradants. Comment peut on accepter une telle destruction des écosystèmes au beau milieu d'un parc naturel ??? Un tel désastre juste pour manger des tomates en hiver, la bêtise humaine est donc sans limite...

Posté par Toon, lundi 4 juin 2007 à 11:50

Hors Saison

Un texte que je distribue autour de moi et sur les marchés du Tarn ...

Hors Saison! Quand acheter des fruits et légumes est malsain ...

En mangeant des fruits et légumes importés et hors saison nous participons à un système de production et d'exploitation particulièrement pernicieux.

Dans le sud de l'Espagne, à coté d'Alméria il y a 17.000 hectares sous plastique, la plus grande concentration au monde (commune de Lavaur = environ 6.300 hectares).

C'était un coin de paradis avec étangs, marais et oiseaux, entre montagne et mer, avant l'entrée de l'Espagne dans la CEE, il y a 30 ans. Maintenant toute la zone côtière est couverte de plastique à perte de vue. Entre ces serres l'on voit, par endroit, quelques moutons broutant dans les terrains vagues jonchés de déchets, près des ruines des maisons anciennes.

Sous les serres travaille une 'armée' de 80.000 immigrés venant pour la plupart d'Afrique maghrébine et noire. Beaucoup sont illégaux (40%) et donc en dehors de toute législation et protection sociale. Ils subissent un mépris implacable de la part de beaucoup d'espagnols du coin. En février 2000, après l'assassinat d'une espagnole par un maghrébin, la ville ultra-prospère de El Ejido a été le théâtre d'émeutes rascistes anti-arabes et anti-africains menées par la population locale.
Ces ouvriers sont sous-payés et mal-traités. Selon un documentaire de Jawad Rhalid diffusé sur Arte le 24 mai 2007, 4 euros 50 l'heure est la paie habituelle mais 2 euros l'heure souvent pratiqué dans des conditions de chaleur extrême (45-8°C).

Une femme, Mercédès, tente d'aider les immigrés. Elle dénonce les hommes politiques du coin pour avoir laissé une zone de non-droit s'installer à El Ejido. Elle dit que beaucoup d'ouvriers souffrent de problèmes rénaux à cause d'une eau potable polluée par des produits chimiques et fertilisants utilisés pour la culture des fruits et des légumes.

Avec des conditions de travail pareilles (quasiment de l'esclavage!) dans le sud de l'Espagne, mais aussi en l'Italie, il est compréhensible qu'un exploitant francais n'a aucune chance de suivre les prix pratiqués, surtout s'il paye un salaire correct avec des charges, en respectant les lois concernant le travail. Il est à noter qu'un kilo de tomates vendu 30 centimes à la production est souvent revendu 3 euros en supermarché.

Cette situation aberrante tue la production locale de fruits et légumes chez nous, diminue le besoin de travailleurs non-qualifiés, augmente le chômage et le désoeuvrement. Il est grand temps que les hommes politiques et services de l'état dans les differents pays fassent au moins respecter les lois contre l'esclavage et concernant les droits les plus fondamentaux – être payé selon un tarif minimum, boire une eau non polluée, bénéficier de repos et d'un logement convenable.

On pourrait imaginer alors que des jeunes gens dans le Midi de la France reprennent goût à l'agriculture et la vie à la campagne produisant des aliments de qualité qui étaient jusqu'à récemment une spécificité française.

Signé : un consomm'acteur ( Ralph Doe – ralphdoe81@aol.com )

Posté par ralph doe, jeudi 26 juillet 2007 à 17:33

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